bratata
A+ A- A
Identification OPAC

Retrouvez-nous sur :

image-vide-90px

Nos curiosités

le_grand_cafe_01MA PETITE VILLE

Lisieux

CHAPITRE III

LE GRAND CAFÉ DUBOIS

Cette ample salle, située rue du Pont-Mortain, en imposait par l'élévation de son plafond, par ses glaces ornementales et ses dorures. Pour aucuns, elle était un temple.

Un calorifère d'ordre composite en agrémentait le milieu. Des Amours joufflus en soutenaient les guirlandes. Surélevée de trois marches, répétée dans ses glaces, une caisse à croisillons et entrelacs, enrichis de son argenterie et de ses carafons diamantés, donnait aux fidèles l'impression d'un maître-autel où M. Dubois, cravaté de blanc, officiait.

Au fond de la salle, surplombant les tables de marbre et le billard, une petite scène pour la comédie clôturait le regard émerveillé, ajoutant aux fresques des cimaises la somptuosité de son rideau pourpre à glands lourds et dorés.

kepsak00-t2Mot emprunté à l'anglais (« objet donné pour être gardé en souvenir ») et désignant un livre-bibelot donné en cadeau d'étrennes à un être cher, généralement du sexe féminin, recueil de vers, de proses et de nouvelles agrémenté de gravures. Venue d'Angleterre la mode s'en est répandue en France à partir de 1830. Selon Michel Melot (Encyclopaedia universalis) : « Le keepsake, où l'image agréable, typique du romantisme suave et fleuri, sert la plupart du temps de prétexte à un texte souvent insignifiant, est en quelque sorte une déviation de l'idée du livre... On a remarqué qu'un grand nombre de femmes y écrivaient des nouvelles sentimentales. Le format du keepsake est très variable mais l'illustration généralement gravée sur acier à la mode anglaise est très fine, le papier de qualité, et la couverture de moire ou de satin est placée sous un emboîtage. »

La Médiathèque conserve quelques exemples de Keepsake aussi appelés Livre des salons et plusieurs des nouvelles qu'ils contiennent sont en ligne sur la bibliothèque électronique de Lisieux :

L'Élite : livre des salons / par messieurs Émile Deschamps, Alfred des Essarts, Paul Féval, Lottin de Laval,..... [et al] sous la direction du bibliophile Jacob.- Paris (59, rue Saint-Jacques) : Mme Vve Louis Janet libraire-éditeur, [ca1850].- 211 p.- 12 f. de pl. gravées ; 27 cm.- [Bm Lx : 3026].

revlex_001

On inaugure ce mercredi à Lisieux, en présence de Bernard Hinault, la ligne d'arrivée de l'étape lexovienne du 7 juillet du prochain Tour de France (Elle se trouve en haut de la côte de la basilique à quelques mètres du rond-point de L’Espérance, près du centre commercial). Il y a exactement un siècle en mai 1911 se déroulait à Lisieux, nous dit la Revue Illustrée du Calvados, le Grand Prix Cycliste Clément. On voit ici les officiels et les concurrents avant le départ, devant le magasin de M. Lemétayer, agent de la marque à Lisieux (Cliché Tribouillard).

revlex_002

bonne_mort_001

ASSOCIATION

DE LA BONNE MORT

CERTIFICAT DE CONFRATERNITÉ.

Je, soussigné, Secrétaire de la Confrairie de la BONNE MORT, établie dans l'Eglise de Saint-Désir de Lisieux, certifie que Mlle Alix, Marie Elizabeth est inscrite sur le registre de ladite Confrairie, à la page onze158 et que sa souscription annuelle est de 1#. 4s.

Lisieux le 15 janvier 1806.

Le Secrétaire de la Confrairie.

Gobin A. [?]

AVIS. Il faudra représenter ce Certificat, toutes les fois que l'on voudra, aux termes de la Bulle, faire prier pour un Confrère agonisant, ou annoncer sa mort. A Saint-Désir de Lisieux.

[Bm Lx : Doc A17]

A consulter à la Médiathèque : Association de la Confrairie de la Bonne Mort, établie dans l'Eglise Paroissiale de Saint-Désir de Lisieux, par ordre de M. l'Evêque de Bayeux.- A Lisieux, Chez F. B. Mistral, Imprimeur, rue Pont-Mortain. 1805.- 57 p. ; 12°. [Bm Lx : Norm 903].

Lire en ligne : La Science de bien mourir : manuel de l'association de la bonne mort / par le r. P. Al. Lefebvre.- Cinquième édition.- Paris, 1870.

bunel

Un dimanche du mois de juillet 1814 s'éteignait à Lisieux, après de terribles souffrances, une jeune fille dont le nom et la vie ne sont connues que par un opuscule rarissime et, sans date, imprimé à Caen, chez Chalopin.

Sorte de livret populaire que Frère n'a pas connu, c'est plutôt une oeuvre d'édification qu'une biographie proprement dite, qui se présente sous la forme d'un petit, in-8 de 48 pages intitulé : Soupirs de Catherine Bunel, amante du Sauveur, morte à Lisieux en juillet 1814, âgée de 32 ans ; au-dessous, un buste de religieuse encadré dans un médaillon formé de deux palmes, le tout grossièrement gravé sur bois.

Catherine Bunel naquit à Lisieux, en 1782, de parents peu fortunés, auxquels elle prodigua tous ses soins durant les longues maladies dont ils furent affligés. Rien ne laisse supposer que cette fille eut, à un moment donné, embrassé la vie religieuse. Son état de coiffeuse, écrit l'auteur anonyme du livret, qui fait l'objet de cette note, lui procura l'occasion de former à la vertu le coeur de plusieurs jeunes apprenties. Elle était d'une piété exemplaire, entendait la messe tous les matins et communiait plusieurs fois la semaine.

A 28 ans, en 1810, « le Sauveur lui fit entendre intérieurement quelques paroles qu'elle entendit aussi bien que si c'eût été aux oreilles du corps. » Ç'est à partir de ce moment quelle a des colloques divins, des ravissements, des extases, des appréhensions, des craintes, surtout au moment de la communion. Comme une autre Madeleine ou l'épouse des cantiques, elle cherche avec ardeur celui qu'elle aime et son âme est triste quand elle ne le trouve pas.

Les propos de Catherine Bunel sont empreints d’un mysticisme poussé à l’extrême ; elle en redoutait elle-même l’illusion, préférant, dit-elle « aller à Dieu par une voie simple et commune. » Suivant le conseil de son directeur, elle se fit entendre plusieurs fois, en présence de prêtres et de dames ; elle parlait de Dieu d’une manière « si affectueuse que ses auditeurs en pleuraient d’attendrissement. »

L’auteur anonyme du livret cite plusieurs cas extraordinaires de la vie de Catherine, qui durent se passer entre 1810 et 1813, car il ne précise jamais l'année. Pourtant il affirme que, le 16 mars 1813, elle ne put se pénétrer de la présence de Dieu, « ni même avoir la foi nue ». Les 18 avril et 26 juin, nouveaux entretiens célestes rapportés tout au long, extraits d'un « Recueil beaucoup plus étendu qui ne renferme lui-même qu'une partie des communications que Dieu a faites à cette fille vertueuse. »

Ce qu'il y a de curieux dans ces pages, c'est de constater qu'au milieu des événements extérieurs son mysticisme né cesse de grandir. On pourrait faire de curieux rapprochements entre la vie de Catherine Bunel et celle de la Bienheureuse Thérèse de l’Enfant Jésus, la « petite voie » de cette dernière était déjà connue de Catherine Bunel et la coiffeuse de Lisieux y avait fait de remarquables progrès.

Etienne DEVILLE, Journal de Rouen, 11 juillet 1924

Soupirs de Catherine Bunel, amante du Sauveur, morte à Lisieux en juillet 1814, âgée de 32 ans.- Caen : Imprimerie de P. Chalopin, [sd].- 48 p. ; 18,5 cm.- [Bm Lx : norm 1423].

P.S. : Nous sommes preneur d'une relecture psychanalytique de cet opuscule savoureux Coquin

Médiathèque André Malraux
Place de la République
14100 LISIEUX
02 31 48 41 00

agglo lisieux normandie logo 180px