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Mercredi 6 mars : la foire aux Arbres est passée, le printemps des Poètes est bientôt là.


Pour illustrer cet entre-deux, voici une personnalité lexovienne, qui aimait les lettres, la botanique et la poésie : Amédée Tissot, bibliothécaire à la ville de Lisieux de 1867 jusqu'à sa mort en 1887, rédacteur du journal Le Lexovien et secrétaire général de la société d'Horticulture et de Botanique du centre de la Normandie.
Féru de littérature et se servant de la presse pour exprimer ses idées politiques, en particulier pendant la guerre de 1870, Tissot goûte à l'écriture de poèmes et s'essaie aux concours de poésie, ce qui lui vaut quelques récompenses, notamment celle-ci relevée dans la

 

À la suite d'une exposition montée en 2008 à partir de cartes postales anciennes de la Médiathèque, nous avons reçu, le mois dernier, le témoignage précieux d'un enfant lexovien qui habita un des lieux cités, l'Hôtel des Pèlerins.

 

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[...] " Ma famille et tant d'autres mal-logés de l'époque, avons vécu de façon provisoire dans cet immense immeuble désaffecté. Que de joyeux souvenirs me reviennent à l'esprit quand j'évoque ces temps révolus ! Même s'il nous fallait coltiner l'eau de la pompe située sur le boulevard jusqu'au troisième étage!

" Que d'épopées, que d'aventures avons-nous vécues mes copains de l'époque et moi ! Pensez-vous, le chemin des Buissonnets s'offrait à nous, avec en point de ralliement le Carmel et tous les défilés de pèlerins venus rendre hommage à Ste Thérèse ! Au-dessus s'étalaient les champs du père Julio, puis venaient ensuite, les vergers gardés par les sœurs des Oblates. Il faut dire qu'elles n'hésitaient pas à nous poursuivre, toutes robes retroussées, la badine à la main dès que nous faisions intrusion dans leurs domaines.

" Et tous ces jeux de cache-cache, ces apprentissages de l'enfance dans des lieux chargés de mystère. Parfois, nous nous perdions dans ces couloirs sombres qui menaient aux sous-sols. Certains soirs, nous traînions dans les salles où s'entraînaient tour à tour pongistes, basketteurs, joueurs de billard...

" Mais, ce qui nous fascinait, demeurait le spectacle des boxeurs sautant à la corde et dansant autour du ring plus vite que la plus experte des filles. J'entends encore le bruit sourd de leurs coups portés sur les sacs de sable. Je les revois tout écumants de sueur et saoulés de fatigue, apprenant les conseils avisés, les règles de leur sport que prodiguait inlassablement leur entraîneur. Ils me faisaient penser avec le recul du temps à des comédiens auxquels le metteur en scène explique le rôle avec un temps d'avance sur le déroulement de la scène, de l'acte.


" Mais aussi, certains Samedis soir, en cachette avec les copains de notre âge, on filait en douce jusque dans la salle de bal. Là, on gardait les yeux écarquillés de voir évoluer les danseurs sur la piste où la veille s'était déroulée un match de boxe, une rencontre de basket. Ce qui ne nous empêchait pas d'admirer subjugués, les toilettes que portaient les dames, les demoiselles accompagnées de leurs parents et amis. Fières de l'attention que leur portait l'assistance, elles évoluaient au bras de leurs cavaliers dans des démarches altières d'où s'échappaient moult effluves capiteuses." [...]

 

 Un grand merci, Monsieur, pour nous avoir autorisés à publier un extrait de la lettre adressée l'été dernier à votre vieux maître d'école, que vous n'aviez pas revu depuis cinquante ans !

Il s'appelle Ms 158. C'est donc un manuscrit, commencé le 1er mai 1922 et terminé le 30 avril 1923, grâce à la plume artistique du baron Joseph Tardif de Moidrey, tombé amoureux de notre ville au point de s'y fixer au moment de sa retraite.


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Le Lisieux des années 20 y est passé au peigne fin : le baron arpente les rues, son carnet à la main. Il en remplit, des carnets ! Il en croque, des façades au crayon, à l'encre, la plupart rehaussées à l'aquarelle ! Il en brosse, des silhouettes de vieux manoirs et de maisons d'habitation, avec leurs cours intérieures et leurs toitures, mais aussi des façades d'échoppes, avec force détails des bois scupltés ! À l'arrivée, il en résulte une collection de 100 croquis tirés de ces précieux carnets, « d'où ils ont été simplement découpés puis collés, leur assurant ainsi plus d'exactitude, puisqu'ils n'ont eu à subir aucun report, car ils ont été pris sur le vif ».

 

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Ms 158 est conservé à la médiathèque de Lisieux, entouré des soins que requiert sa valeur patrimoniale exceptionnelle : il est à l'abri des méfaits de la lumière, baigne dans une température et une hygrométrie constantes, profite d'une ventilation de tous les instants.

Cela fait quelques années déjà que les visiteurs de la bibliothèque électronique de Lisieux le connaissent, puisqu'il y figure depuis le 8 novembre 2008 !

Il y est visible dans son intégralité.

 

Dans une paire de semaines, il sera à nouveau mis à l'honneur lors de la parution du très beau livre Le pan de bois lexovien de l'archéologue lexovien Claude LEMAÎTRE - lui aussi amoureux de Lisieux, sa ville natale -, dont l'édition a été confiée à la maison Corlet.

 

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À retrouver bientôt sur les présentoirs de nouveautés du fonds normand.

veuclin_0001Intéressante pièce des Archives départementales de L'Eure, retranscrite et publiée par Ernest-Victor Veuclin  (1846-1914) dans le numéro 70 (15 février 1895) de son étonnant bulletin bi-mensuel de 4 pages publié à Bernay et par ses soins de 1892 à 1897 : L'Antiquaire de Bernay : Petite Revue Normande.

[orthographe et graphie conservées]

Le Géôlier d'Évreux en 1663.

« 17 novembre 1663. - Le receveur de S. A. Mgr le duc de Bouillon, pair et grand chambellan de France, comte d'Evreux, nomme concierge et garde des prisons dud. lieu la personne de Jean Godefroy auquel il impose ce règlement :

Il aura de bon vin et bon cildre auxquels la justice mettra un taux qui sera refilé sur le prix commun qu'on le vend chez les bourgeois, qui haussera ou baissera selon les saisons sans que les prisonniers en puissent envoyer achepter en ville.

Il ne souffrira qu'on fasse payer aucune bienvenüe au prisouniers nouveau venus à peine d'en répondre.

Il souffrira aussy qu'on mette au fagot et autres denrées qu'il distribuera aux prisonniers.

Il ne donnera point à boire ny à manger à personne de la ville ou horsain et ne fera de la prison un cabaret, mais s'il vient quelqu'un pour voir son amy, il ne leur donnera davantage de vin à boire qu'une pinte à deux personnes, et si on voit avant que leur donner ils eussent desjà bû, il les refusera et ne leur donnera aucun vin affin qu'on ne voye point d'ivrognes dans la conciergerie.

Il traittera humainement les prisonniers et souffrira librement que touttes les personnes aillent visiter charitablement lesd. prisonniers.

Il aura un soin exact que les filles et femmes soient séparez d'avec les hommes.

Aura soin led. concierge de faire les questes aux processions qui passeront devant la conciergerie, aux prédications et aux parroisses, parce que pour ses peines et d'envoyer des billets ausdites parroisses et dadvertir les personnes dévottes du jour et heure des prédications ledit concierge aura une part esgalle à un prisonnier sur ce qui se trouvera ausdittes questes, processions, prédications et parroisses.

II ne prendra rien des autres aumosnes charittez, mais aura soin qu'elles soient esgallement distribuéz entre lesd. prisonniers et aux plus nécessiteux auxquels il ne pourra donner qu'un septier de vin à chaque repas.

II aura soin dadvertir les confesseurs destinez pour lesdits prisonniers affin de les entendre de confession aux bonnes festes.

Il aura soin qu'on face les prières le soir et le matin à certaine heure reglée ausquel un chacun assistera, et advertira les confesseurs de ceux qui refuseront de s'y présenter. Et donnera advis à tous lesd. prisonniers d'assister aux messes, prédications et prières qu'on dit dans ladite conciergerie ainsy qu'il leur est enjoint de le faire sur peine aux défaillants d'estre privez de l'aumosne. Lesquelles aumosnes seront receues par un seul prisonnier pour tous qui ensuitte les mettera ès mains d'une personne dévotte qui yra à la visitte desdits prisonniers et non à autre pour en estre par luy faitte la distribution esgallement.

Et s'il y arrive quelque aumosne extraordinaire le concierge ne souffrira que lesd. prisonniers la séparent, mais sera tenu advertir la ditte personne dévotte et charitable pour estre la ditte aumosne par luy separée à tous lesd. prisonniers pour en cas qu'il connoisse quelqu’un d’entr'eux qui aye plus de nécessité pour lors que les autres luy en fasse meilleure part à la charge de rendre lesquivalent lors que led. prisonnier aura receu sa pension ou qu'il luy soit survenu quelqu'assistance particulière et personnelle.

Le receveur seigneurial payera audit Godefroy la somme de soixante livres de gages par chacun an, sans que led. Godefroy soit tenu de payer le pain journalier des prisonniers criminels qui n'auront de parties civilles qui sera aussy payé par ledit sieur receveur…»

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L'Antiquaire de Bernay : petite revue normande / rédigée et publiée par Ernest Victor Veuclin.- Bernay : Chez l'auteur, 1892-1897.- 476 p. ; 22 cm.- [Bm Lx : NORM 1546]

Note : Acquisition faite lors de la vente aux enchères du fonds Cottin, à Lisieux le 11 février 2006 (lot 276). - Cachet d'Etienne Deville. - Bimensuel jusqu'au 1er juin 1896, puis mensuel. - Collection du n°1 (1er avril 1892) au n°116 (1er septembre 1897). 7 numéros manquants : 2, 5, 6, 10, 11, 13, 26.

cdch004Croquis de collège : Honfleur, 1914-1915 / [préf. de P.E.Geniez].- Honfleur : Imprimerie R. Sescau, [1915].- 1 p.- [13] f. de planches en coul. sous chemise ill. en coul. ; 32,5 cm. - Exemplaire n°8. L'album est composé de 13 planches gr. sur bois en couleur contrecollées, plus 2 contrecollées sur la 1ere et la 4e de couverture. [Bm Lx : Norm .... (en cours)]

« Nous nous permettons de présenter au public cet album de gravures et nous espérons qu'il aura le petit succès qu'il mérite. Les quatorze planches qui le composent ont été réalisées uniquement par les élèves du Collège de Honfleur. Un élève de troisième, habile et laborieux les a gravés sur bois. Elles furent ensuite teintées à l'aquarelle. Nous n'insisterons pas sur la valeur artistique de cet ouvrage, sur les difficultés de métier qui s'imposèrent au jeune graveur. Mais l'aisance avec laquelle ces images furent conçues et exprimée,  leur justesse synthétique, leur sensibilité naïve et charmante seront facilement appréciées.

Nous nous plaçons à un autre point de vue : nous désirons que notre initiative soit avant tout considérée comme un acte de bienfaisance. Les cent exemplaires que nous mettons en vente au profit de la Croix-Rouge de l'Hôpital de Honfleur, nous permettrons d'apporter une modeste contribution à l'œuvre généreuse qui s'est vouée au soulagement de nos glorieux blessés. »

P.E. G.

A retrouver sur la Bibliothèque électronique de Lisieux le 1er octobre. Maintenant si vous préférez le cochon, on en a aussi dans le menu du mois :

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Le Cochon, souvenirs de Normandie : 60 magnifiques gravures et dessins humoristiques avec textes et musique / [texte et illustrations de] Alfred Le Petit.- Paris (10, rue Saint-Joseph) : F. Juven, éditeur, [1898].- 93 p. : ill. ; 36 cm. [Bm Lx : Norm 1666]

« A moins que vous ne soyez Mahométan, vous avez certainement plus d'une fois mangé du cochon ; mais en vous délectant de sa chair, vous est-il arrivé de penser par quelle odyssée a passé ce malheureux animal avant d'être transformé en boudins, saucisses, pâtés, jambons, andouilles, andouillettes, cervelas, salé, galantine et chipolata.

C'est de quoi je vais vous entretenir, heureux si je puis vous intéresser quelques instants.

D'après Buffon, le cochon est un animal brut, grossier, stupide, immonde, hébété ; mais le génie de Buffon, qui embrassait toute la nature, lui faisait écrire sur trop de choses pour pouvoir tout approfondir. Aussi a-t-il fait l'histoire des animaux d'après ce qu'il en avait lu ou entendu dire, ne les ayant souvent guère vus qu'empaillés ; il en résulte que ses descriptions sont pleines d'erreurs. Tel est le cas pour le cochon, qui est juste le contraire de ce qu'il en dit.

Voici du reste ce qu'on lit dans le Dictionnaire de Larousse en réponse à l'opinion de Buffon : « Il ne serait pas difficile de prouver que ce portrait peu flatteur est souverainement injuste, etc... Je lis encore dans le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle :

« Selon quelques auteurs, le porc a l'intelligence très bornée ; il est peu susceptible de répondre aux attentions que l'on a pour lui, et de s'attacher aux personnes qui lui font du bien. »

Médiathèque André Malraux
Place de la République
14100 LISIEUX
02 31 48 41 00

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